Je sais ce n'est pas habituel de dire que son flash est trop puissant, au contraire nous aurions plutôt tendance à trouver qu'il manque de puissance. Si il y a une caractéristique que nous regardons lors de l'achat d'un flash c'est bien son NG (nombre de guide) maximum qui traduit sa capacité à exposer correctement un sujet à une distance donnée.
Vous n'allez peut-être pas me croire mais oui mon flash est trop puissant ... en voici la preuve :
1/20s, F/2.8, 1600iso, flash (1/128)
Ci-dessus un exemple représentant notre sujet (un vidéo projecteur) à l'avant plan et un arrière plan (son écran). On peut dire sur ce cliché que le sujet au premier plan est correctement exposé par un flash situé à sa droite à environ 2 mètres à sa puissance minimale (1/128) au contraire de l'arrière plan dont l'intensité lumineuse est neutralisée par "l'ajout" de la lumière du flash qui est plus intense. Je peux vous assurer qu'il y a une vidéo projetée sur cet écran pour vous en rendre compte voici ci-dessous une exposition de l'arrière plan sans flash :
1/20s, F/2.8, 1600iso
En coupant le flash l'arrière plan se retrouve correctement exposé mais maintenant l'avant plan (vidéo projecteur) n'est plus qu'une silhouette. Voici les réglages pour exposer correctement ce fond : 1/20s, F/2.8, 1600 iso.
Il serait intéressant de réussir à réunir les expositions de la première et deuxième photos pour obtenir à la fois une bonne exposition au premier et second plan ... c'est là que la gélatine Rosco neutral density intervient, "les
gélatines" devrais-je dire (3 "ND .3" pour être exacte dans notre exemple).
1/20s, F/2.8, 1600iso, flash (1/128) + 3x ND .3
Ci-dessus la même scène correctement exposée au premier et second plan. Les réglages sont 1/20s, F/2,8, 1600iso, un flash 580EX II à sa puissance minimale (1/128) avec 3 gélatines Rosco neutral density .3 (-1 stop chacune) superposées. Le flash est sur la droite à environ 1,2m du vidéo projecteur. Pour mémoire sur la première photo le flash ne disposait pas de gélatine et pour exposer correctement j'ai dû l'éloigner à environ 2 mètres du sujet. (suivant la loi en carré inverse qui dit, en résumé, que pour un éloignement du sujet d'une distance "d" de la source lumineuse l'intensité de cette source lumineuse sur le sujet est égale à 1/d² de sa valeur nominale). Dans notre cas nous avons autant d'intensité lumineuse sur le sujet à 1.20m de notre flash + 3 gélatines ND .3 qu'avec le sujet placé à 2m du flash sans gélatine.
Je vous entends me dire que la vitesse d'obturation n'intervenant pas
sur la lumière du flash mais seulement sur la lumière ambiante, je pourrais augmenter le temps d'exposition (exemple : 0,4s, F/8, 1600iso) et
ainsi utiliser mon flash à sa puissance mini (1/128) pour exposer
l'avant plan sans ajout de gélatines ND .3 sur le flash et en restant à 80 cm du sujet. Oui mais ... dans ce cas vous êtes à F/8 donc avec une plus grande profondeur de champ alors que dans certaines situations une faible profondeur de champ est souhaitée et pour ce faire une ouverture à F/2.8 est requise. Dans ces situations nous devons réduire la puissance minimale de notre flash par l'ajout de gélatines ND sur son tube.
Admettons un instant que cette profondeur de champ ne soit pas un critère dans votre prise de vue, n'oubliez pas alors que plus votre flash est proche du sujet plus sa taille apparente par rapport à ce dernier est grande et plus votre lumière est ... douce; ces gélatines peuvent donc aussi vous permettre de réduire au maximum la distance entre le flash et le sujet pour adoucir les ombres.
Voici pour conclure deux autres exemples mettant en évidence la différence de profondeur de champ :
1/60s, F/11, 800iso, flash en manuel (1/128)

1/125s, F/2.8, 400iso, flash en manuel (1/128) + 3 gélatines ND .3